Le gouvernement envisage, parmi les solutions possibles pour réduire l’année prochaine le déficit de la Sécurité sociale, d’augmenter le forfait hospitalier de 25%, soit à 20 euros par jour et par malade, mais également de moins rembourser certains médicaments.

Le forfait hospitalier a été créé en 1983, pour faire participer les malades aux frais “hôteliers” de leur hospitalisation. D’un montant de 20 francs à l’origine, il fût augmenté une quinzaine de fois pour atteindre 16 euros depuis janvier 2007.
Certains assurés en sont exonérés: femmes enceintes venant accoucher ou dans les 4 derniers mois de leur grossesse, titulaires de la CMU complémentaire, bébés de moins d’un mois, victimes d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle, …

Le Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale (PLFSS) pour 2010, présenté en octobre au Parlement, doit s’attaquer à un déficit de l’ensemble des branches de la Sécu (retraite, famille, maladie et accidents du travail)  de 30 milliards d’euros en 2010, selon la dernière estimation gouvernementale.
 

Les réactions ne se firent pas attendre, le gouvernement a essuyé les critiques des associations de malades, des syndicats et de la gauche, sur son projet d’augmenter le forfait hospitalier :

Le collectif de patients Ciss qualifie ces pistes de «rustines» et dénonce un «travail de sape de la couverture maladie». Pour la Fnath (accidentés de la vie), elles «sont extrêmement choquantes». Cela confirme «qu’une fois les franchises mises en place, leur augmentation devient pour les gouvernements successifs la solution de facilité», analyse la CGT. Il est vrai que les dépenses de santé sont plutôt sous contrôle ces derniers mois, alors que les recettes se sont effondrées. Le PS préférerait davantage de «CSG sur les revenus financiers». La CFDT plaide aussi pour une hausse des prélèvements pour financer la protection sociale. «Ce sont les classes moyennes modestes qui sont frappées par le forfait journalier, celles qui n’ont ni CMU ni complémentaire santé, observe son représentant Gaby Bonnand. Sans compter que les complémentaires ne prennent souvent en charge le forfait que pendant 30 jours.»

Le gouvernement, lui, souhaite banaliser l’éventuelle hausse du forfait hospitalier, rappelant qu’il avait été créé en 1983 par la gauche. Il mentionne également que le coût réel d’hébergement se situe entre 36 et 40 euros par jour et par malade. Enfin, il rappel que cette idée n’est qu’«une piste parmi d’autres».
Un acteur du dossier pense néanmoins que cette piste est particulièrement sérieuse, et que le débat est plutôt de savoir qui l’emportera du ministère des Comptes publics, qui préonise 4 euros de hausse, ou de celui de la Santé, qui plaide pour une augmentation plus modérée. L’hypothèse de 4 euros supplémentaires rapporterait 300 à 500 millions d’euros, alors que le déficit prévu pour la branche maladie l’année prochaine se situe aux alentours de 15 milliards d’euros.
Par ailleurs, une partie des médicaments remboursés à 35 % pourrait ne plus être prise en charge par la «Sécu» qu’à hauteur de 15 % – les antidouleur comme l’aspirine et le paracétamol seraient dans tous les cas exclus de cette baisse, précise le ministère de la Santé. Ces deux mesures cumulées apporteraient une économie de 2,5 milliards